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A la rencontre de Tom, un « plomb »geur engagé

Publié le : 24 octobre 2018 par : Plongée On Line

Par Grégory VAUZELLE

La plongée et les sports de nature sont souvent associés à l'environnement, à la protection de la planète : partons donc à la découverte de Tom qui transforme ses plongées en chasse aux tré … aux plombs !

GVZ : Peux-tu te présenter, Tom ? Comment es-tu venu à la plongée/apnée ? 
Tom : J’ai grandi à Biarritz à quelques minutes de marche de la plage de Marbella. Mon père Australien surfe depuis qu'il est jeune et j’ai vite été mis dans l’eau étant petit, j’ai demandé un masque et tuba pour mes 5 ans car je voulais faire « comme Cousteau » et c’est parti de la ...l’apnée, le monde sous-marin et une passion pour les poissons. Je suis tombé complètement accro dès ma première sortie ! 

Je pratique la chasse sous-marine depuis 25 ans, j’ai voyagé en Australie et en Indonésie où j’ai eu la chance de chasser beaucoup, de voir des endroits « quasiment préhistorique » ou la biodiversité est incroyable, et en rentrant en France j’étais blasé de voir le peu de vie que l’homme a épargné, la pollution qui jonche les fonds marins, j’ai eu de la pitié pour les poissons condamnés à vivre dans une vraie poubelle... - Du coup, j’ai rangé le fusil et je me suis mis à ramasser...

GVZ : Peux-tu expliquer ta démarche ?
Tom : j’ai voulu sensibiliser d’autres passionnés de vie marine à la pollution aux plombs de pêche perdus en créant le Plombkemon, une sorte de chasse aux plombs où tout le monde peut partager ses trouvailles via les réseaux sociaux ... Puis est né le challenge, une compétition de pêche aux plombs où je récompense les meilleurs ramasseurs avec des lots. - Je ramasse depuis longtemps, à l’époque je voyageais sans mes plombs de ceinture, que je fabriquais avec des plombs récupérés dans les rochers, et même petit, j’allais chercher mes plombs de pêche dans les rochers à marée basse pour économiser le peu d’argent de poche que j’avais .. - Pour l’instant j’en suis à 1200 kg en 2 ans (je ne compte que depuis 2 ans ) dont 140 kg depuis le 1er juillet.

GVZ : Utilises-tu du matériel spécifique pour ta chasse aux plombs ? (sac filet ? Détecteur de métaux ? … ? )
Tom : PMT de base , combi de chasse la moins chère du marché , filets ( malheureusement pas solides ) à 5€ relié à une bouée xxl de récupération trouvée sur la plage, des gants fins et solides pour l’été , épais et fragiles l’hiver ... - Un détecteur de métaux étanche depuis 1 an qui m’a bien aidé mais j’ai ramassé plus de 400 kilos avant de l’acheter.

GVZ : Que fais-tu des plombs récupérés ?
Tom : Une fois les plombs récupérés je les stocke car les revendre à un ferrailleur ne m’intéresse pas si c’est pour qu'ils finissent en cartouche de chasse ou plombs de pêche… J'en ai fait des plombs de ceinture de plongée et des objets décoratifs comme des baleines, des croix basques et des médailles pour les compétitions de surf qu'on organise à la plage de Marbella. - Certains pêcheurs fabriquent leurs lests en cailloux c’est génial… j’en ai retrouvé un sur 1200 kg de plomb, j’aimerai bien voir plus de pêcheurs en faire autant !

GVZ : Tout le monde n'a pas l'esprit créatif ou bricoleur, mais pour le plongeur qui souhaiterait aussi débarrasser la mer de son plomb, que peut-on faire ensuite de sa récolte ? Des conseils à communiquer ?
Tom : J’ai cherché pendant un moment des magasins de plongée intéressés à récupérer les plombs ramassés lors du challenge , mais pas d’intéressés, par contre pas mal de magasins fabriquent eux même leurs plombs de ceinture et je suis sûr que certains seraient intéressés de les récupérer , sinon les ferrailleurs histoire de se payer un pack de bière pour se désaltérer après une bonne plongée nettoyage...

Et vous, que faites-vous ? Vous lancerez-vous dans le Plombkemon go sur vos spots de plongée ?

Pour en savoir plus, retrouvez Tom sur les réseaux sociaux : Facebook - Instagram

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