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Bio-fiche : le bénitier, le coquillage des superlatifs

Publié le : 27 décembre 2018 par : Plongée On Line

Par : M Jean Christophe GRIGNARD

Pour mieux comprendre le jargon des biologistes… Ces fiches n’ont pas la prétention de remplacer un cours de biologie, ni d’être exhaustives… (la Biofiche

Autour de ces mollusques géants s’articulent nombre d’histoires…
En effet, on raconte que des plongeurs et des nageurs se sont laissés surprendre par ses puissantes mâchoires.
Bloqués sous l’eau, ils se débattaient suppliciés et s’éteignaient lentement par manque d’air, coincés là…
Les récits ne sont pas avares de disparitions de malheureux piégés et d’accidents créés par les bénitiers.

Mythe ou légende ?
Il faut savoir que la fermeture des mâchoires du bénitier est commandée par un dispositif très puissant mais que les accidents dont on l’accable paraissent plus relever de la légende.

La sensibilité particulière à une présence étrangère de ce mollusque géant provoque à distance la fermeture lente et progressive des valves, ce qui rend surréaliste l’idée d’un plongeur ou d’un nageur attrapé par cet animal.

bénitier - Plongée On Line bénitier - Plongée On Line

Remarquable de par leur taille ce sont les plus grands bivalves du monde.
Généralement de couleur brun vert, le Tridacna gigas ou bénitier géant peut mesurer 1,50 mètre et peser jusqu’à 250 kilos.
C’est une des espèces les mieux connues parmi les 8 ou 9 décrites dans la littérature scientifique.
Toutes tropicales, elles arborent des couleurs allant du bleu fluo au brun foncé en passant par des verts émeraude.

Partie intégrante du récif, ces mollusques bivalves* sédentaires, se fixent lorsqu’ils sont juvéniles à un substrat, la charnière de la coquille dirigée vers le bas.
A mesure que l’animal se développe, son environnement évolue aussi.
C’est ainsi que ces mastodontes se retrouvent souvent intégrés dans les récifs coralliens. Leurs coquilles sont généralement recouvertes sur la partie extérieure par des éponges, des bryozoaires, des algues,…
Sujets privilégiés des photographes, ces animaux dévoilent de magnifiques motifs chamarrés et des couleurs iridescentes.

bénitier - Plongée On Line bénitier - Plongée On Line

*Bivalve : étymologiquement « Bi » signifie deux et « Valve » fait référence aux deux parties de la coquille qui est secrétée par le manteau, c'est-à-dire la partie charnue. Les deux valves sont articulées par un ligament élastique. Elles s’ouvrent et se ferment de par l’action de muscles puissants

Les bénitiers réagissent généralement aux variations de lumière, à l’approche d’un prédateur potentiel ou d’un plongeur, ce qui crée un mouvement de retrait ou de fermeture.

Entre les lobes du manteau s’ouvrent deux tubes, les siphons. Ces deux orifices (in-out) permettent à ces animaux filtreurs de se nourrir des substances nutritives et du plancton contenu dans la colonne d’eau.
Le manteau est hérissé de protubérances photosensibles appelées iridophores qui captent la lumière et la renvoie vers les algues symbiotiques (zooxanthelles) présentes dans ses tissus.
Celles-ci favorisent, par la photosynthèse, un apport complémentaire de nourriture au bénitier.

bénitier - Plongée On Line bénitier - Plongée On Line

Les bénitiers sont hermaphrodites protandres ce qui signifie que les individus sont d’abord mâles et ensuite femelles…
Leur reproduction est fixée sur le cycle lunaire. Ce qui a pour effet de synchroniser l’ensemble des individus en ce qui concerne le relâchement des gamètes.
Après un cycle de développement classique, l’œuf se transformera en larve qui se fixera sur un substrat pour grandir ensuite avec le récif.

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Actuellement, certaines espèces de bénitiers sont menacées de disparition de part la pollution et la surpêche.
Considéré comme le plus gros bivalve du monde, le Tridacna gigas, est une espèce comestible mais protégée car particulièrement en danger.
Ces organismes hors du commun par leurs tailles et superbes de par leurs couleurs variées sont importants, au même titre que nombre d’espèces, pour le maintien des écosystèmes récifaux.