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Bio-fiche : Savez-vous vraiment ce qu’est une symbiose ?

Publié le : 25 octobre 2017 par : Plongée On Line

Par Jean Christophe GRIGNARD

Préambule - Pour mieux comprendre le jargon des biologistes… Ces fiches n’ont pas la prétention de remplacer un cours de biologie, ni d’être exhaustive.

Savez-vous vraiment ce qu’est une symbiose ?

La richesse et la diversité des relations observées dans le monde marin nous fait prendre conscience du caractère essentiel des interactions ou des coopérations entre les êtres vivants.
Elles sont parfois complexes et loin d’être figées  !

Durant des millions d’années, les animaux et les plantes ont été en compétition pour la nourriture et l’espace. Les organismes symbiotiques ont colonisés pratiquement toutes les formes vivantes. Abritant en permanence ou temporairement ces espèces symbiotiques, elles sont généralement appelées hôtes.

Pour les organismes symbiotiques ou symbiotes, se trouver dans un environnement adéquat est primordial. Certains qualifiés de libres, vivent sur ou dans des substrats abiotiques, d’autres s’établissent, pour tout ou partie de leur cycle de vie, sur ou dans d’autres organismes avec lesquels ils entrent en symbiose.
Ces relations impliquent l’adaptation et la spécialisation de ces espèces dont la forme et le comportement sont sous influence de l’hôte, de son mode de vie et de son environnement.

Le terme « symbiose » provient du grec sum: avec et bios: vie. Il a été introduit dans la littérature scientifique en 1879 par Heinrich Anton de Bary, professeur de botanique à l’Université de Strasbourg. Ce dernier, utilisa ce terme dans un sens général à savoir « organismes différents vivant ensemble ».
Cette définition englobe les diverses relations classiquement qualifiées de phorésie, de commensalisme, de mutualisme et de parasitisme.

Actuellement, et selon les auteurs, le mot symbiose est utilisé soit dans son sens originel, à savoir une coexistence intime entre organismes hétérospécifiques (d’espèces différentes), soit dans un sens plus restrictif indiquant que la coexistence est bénéfique aux deux partenaires (le mot symbiose est alors utilisé dans le sens mutualisme; voir plus loin).

Une symbiose intéresse toujours au moins deux organismes: le premier, l’hôte, est généralement le plus grand et sert au moins de support à l’autre; le second le symbiote, est généralement le plus petit et bénéficie toujours peu ou prou de la présence de son hôte.

On appellera ectosymbiotes les organismes qui s’installent en surface des hôtes (ecto=extérieur); semblablement, on nommera endosymbiotes ceux qui prennent place dans les cellules, les tissus, les cavités ou la lumière des organes des hôtes (endo=intérieur).

Quatre catégories majeures de symbioses sont généralement reconnues suivant la nature des relations développées entre les partenaires. Ces quatre groupes ne constituent nullement des ensembles séparés mais un continuum biologique dont les frontières sont floues.

symbiose - Plongée On Line

Le mutualisme, du latin mutuus: réciproque, est une symbiose bénéfique pour les deux symbiotes, nommés mutualistes. Les bénéfices que peuvent retirer les mutualistes sont variés allant d’un simple échange de services à des échanges métaboliques complexes.

La phorésie, du grec phoros: porter, est une symbiose bénéfique pour un des deux symbiotes, le phoronte, et neutre pour l’autre, l’hôte. Le bénéfice que retire le phoronte est l’acquisition d’un support, d’un moyen de transport, et/ou d’un abri apporté par l’hôte.
Au terme de phorésie, Morton (1989) préfère celui d’aegisme, du grec aegidos: bouclier, sous lequel il regroupe l’épizoïsme (où l’épizoonte -ou épibionte- est simplement attaché à la surface de l’hôte), l’endoécisme (où l’endokète se dispose dans le terrier de l’hôte), l’inquilisme (où l’inquilin est situé dans le corps de l’hôte), et la phorésie (où le phoronte, attaché à la surface de son hôte, se fait transporter par lui) – Voir aussi la Bio-fiche : Savez-vous ce qu’est l’aegisme ?.

Le commensalisme, du latin cum: avec et mensa: table, est une symbiose bénéfique pour un des deux symbiotes, le commensal, et neutre pour l’autre, l’hôte. Le bénéfice que retire le commensal de la relation est, outre l’acquisition d’un support, d’un transport et/ou d’un abri, celui d’un apport alimentaire.

Le parasitisme, du grec para: à l’opposé et sitos: nourriture, est une symbiose bénéfique pour un des deux symbiotes, le parasite, et néfaste pour l’autre, l’hôte.
Les bénéfices que peut retirer un des parasites de cette relation sont généralement l’acquisition d’un abri et d’un apport énergétique.
Les effets produits sur l’hôte peuvent être d’ordre structurel et/ou fonctionnel. Ils peuvent impliquer des changements dans la structure et le fonctionnement des cellules, des tissus ou des organes de l’hôte ainsi que des changements dans l’expression de processus tel la croissance, la métamorphose ou la reproduction de l’hôte.

Voici quelques exemples afin d’illustrer les différentes relations symbiotiques et la complexité de ce continum biologique.

symbiose - Plongée On Line
symbiose - Plongée On Line 
Requin de récif des carraibes et ses rémoras fuselés (Carcharhinus perezii & Echeneis naucrates) est un exemple de phorésie avec un commensalisme partiel.

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Vache marine et son poisson pilote (Dugong dugon & Gnathanodon speciosus ), exemple de commensalisme où l’un profite pacifiquement de la table de l’hôte.

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Poissons clown, son anémone et une crevette nettoyeuse (Amphiprion bicinctus, Heteractis magnifica & perclimenes sp.) est un triple exemple de cohabitation.
Le mutualisme entre le clown et son anémone, où chacun retire un bénéfice clair de la relation (protection et nettoyage), ainsi que l’aegisme et le commensalisme (nourriture et abri).

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Baliste dans une station de nettoyage (Balistoides viridescens & periclimenes sp.), constitue une illustration de ce contiuum et de complexité des relations symbiotiques, ici où s’arrête le commensalisme au profit du mutualisme ?

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Sandre et sangsues géomètre (Sander lucioperca & Piscicola geometra) caractérise une relation parasitaire où l’un vit au dépend de l’autre.
 

Bio fiche déjà parues :
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