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FRANCOIS SARANO un infatigable engagé

Publié le : 27 décembre 2019 par : Plongée On Line

François SARANO est un scientifique ET un passionné ce qui peut paraître contradictoire, la science nécessitant plus de raison que de passion.
Mais pour François ça marche et ça matche bien.

François est Docteur en Océanographie, il a été conseiller scientifique de Jacques-Yves Cousteau, membre de l’équipe de la Calypso durant une quinzaine d’année, puis responsable du département ressources Halieutiques au WWF, directeur de recherche du projet Deep Ocean Odyssey, il est aussi Chevalier de la Légion d’honneur et a co-fondé Longitude 181.

Sarano - Plongée On Line Sarano - Plongée On Line

Ses recherches le mènent depuis quelques années à étudier une famille de cachalots au large de l’île Maurice.
Individuellement ! qui sont-ils ? quel est leur arbre généalogique ? comment communiquent-ils entre eux, etc., etc…
Prélèvement d’Adn, enregistrements acoustiques, photos, films, tout est bon pour alimenter la base de connaissances permettant à François et son équipe de tirer des enseignements sur le comportement de ces individus, de cette famille et éventuellement de l’animal. (il animera une conférence sur ce thème au prochain Salon de la Plongée)

Mais cet infatigable engagé, est aussi présent sur de nombreux fronts.
Il participe à des films documentaires (le dernier en lice « Au nom du Requin » de Jean-François BARTHOD),
il présente deux nouveaux livres SAUVONS L'OCEAN co-écrit avec son épouse Véronique et FRANCOIS SARANO, RECONCILIER LES HOMMES, un long entretien accordé à Coralie SCHAUB, qu’il vous dédicacera volontiers sur le stand de Longitude 181.

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Le message qu’il porte aujourd’hui est un message de paix, de respect, de respect des personnes, du « vivre ensemble » avec les hommes, avec les animaux, avec la nature

Un personnage plus qu’attachant à découvrir à rencontrer à écouter

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Et en complément …Extraits de notre interview réalisée en 2017 à l’occasion de la sortie du film l’Odyssée

En 1985, tu vas rejoindre l’équipe de Jacques-Yves COUSTEAU, JYC est connu depuis près de 40 ans, comment cela s’est-il passé ?

Evidemment, je connaissais Cousteau, comme probablement tout le monde à l’époque. Je me souviens, gamin, avec mon copain Denis, on jouait à « l’Odyssée sous-marine de l’équipe Cousteau » lui jouait le commandant et moi Bébert (Albert FALCO), on s’installait dans la voiture de mes parents, une ID (une version de la Citroen DS) et dans le noir du garage on explorait nos fonds sous-marins imaginaires en allumant les phares de la voiture… mes parents ont même parfois dû trouver la batterie vide. D’autres fois, on scotchait une pile sur des personnages miniatures et c’était parti pour de nouvelles aventures.

Et comment t’es-tu retrouvé sur la Calypso ?

En fait, Véronique (son épouse, Doctorante à l’époque) m’avait emmené avec elle sur une expédition en antarctique où elle procédait à une étude de la chimie des eaux de surface.
Au retour, alors que je l’accompagnais dans son laboratoire, je vois à peine griffonné sur un bout de papier punaisé sur un tableau « Recherche directeur adjoint pour le musée océanographique de Monaco. ». J’envoie ma candidature.

A cette époque j’avais postulé aussi un poste similaire à l’ORSTOM (l'Office de la recherche scientifique et technique outre-mer) devenu aujourd’hui l’IRD (Institut de recherche pour le développement).

Après quelques entretiens avec les uns et les autres, je suis convoqué pour un dernier rendez-vous avec Jacques-Yves Cousteau qui valide ma candidature, mais me propose aussi de le rejoindre.
Je lui demande quelques semaines de réflexion, d’autant que j’avais obtenu aussi le poste à l’ORSTHOM et qu’il me fallait choisir entre ces 3 opportunités
et là COUSTEAU me dit OK, et si vous n’avez rien d’autre à faire dans les prochaines semaines, venez, comme ça vous verrezj’y suis resté 13 ans


LE FIGARO MAGAZINE du Samedi 25 Mars 1995

La première fois que je suis monté à bord de la Calypso elle était dans le port de Norfolk (le plus grand port militaire des états unis), Bébert était venu me chercher à l’aéroport… Elle était tellement petite au milieu des énormes bateaux de guerre qui l’entouraient que je ne l’ai pas vu tout de suite.
Et mon premier job à bord, c’est d’avoir transporté près de 2 tonnes de lest par bloc de 25 kilos, du quai jusqu’à la cale…

C’était un test ?

Non pas du tout, c’était ça la vie à bord de la Calypso… Il n’y avait pas de hiérarchie, toutes les taches « basiques » étaient le lot de tout le monde…
Le test, il avait eu lieu quelques temps auparavant, lorsque j’avais rencontré Bébert pour la 1ère fois.
Il m’emmène sur son bateau pour plonger au large de Sormiou, assez revêche, il me demande si je sais plonger, je lui réponds oui. Vous savez vous équiper alors ? Oui
Il jette mon équipement par-dessus bord et me dis et bien équipez-vous.
Je me mets à l’eau descend m’équiper et remonte….
Là, satisfait, il me dit, aller, remontez sur le bateau, on rentre... et voilà…