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Les fosses abyssales sont atteintes par la pollution humaine

Publié le : 27 mars 2017 par : Plongée On Line

La pollution chimique gagne les abysses

 

Les grands fonds marins  portent, la marque indélébile des activités humaines. 

Des chercheurs de l’université d’Aberdeen en Ecosse ont sondé deux des fosses océaniques les plus profondes, celle des Mariannes, dans la partie nord- ouest du Pacifique , et celle des Kermadec, dans la partie sud-ouest . 

Ils y ont fait descendre , jusqu’au plancher océanique, un robot sous-marin équipé de nasses, dans lesquelles ils ont piégé, à différents étages de la colonne d’eau (entre 7 200 et 10 000 mètres pour la fosse des Kermadec, entre 7 800 et 10 250 mètres pour celle des Mariannes), des spécimens d’amphipodes.

Ces puces de mer ont été remontées à la surface, où les chercheurs ont analysé la teneur dans leurs graisses , ainsi que dans la matière sèche obtenue après étuvage, en polluants organiques persistants (POP). Elles s’accumulent dans les tissus des êtres vivants – animaux ou humains – qui les inhalent ou les ingèrent, avec de multiples effets délétères.

« Puissante contamination »

Les auteurs de l’étude rapportent avoir mesuré « des niveaux extraordinairement élevés » de PCB et PBDE dans ces crustacés. Les comparaisons sont édifiantes : les teneurs en PCB notamment, sont « cinquante fois supérieures » à celles trouvées dans des crabes du fleuve Liao, l’un des cours d’eau les plus pollués de Chine, et du même ordre que celles détectées dans la baie japonaise de Suruga, une région très industrialisée du sud de l’archipel nippon. 

Rôle des débris plastiques

Comment ces substances ont-elles fini par 10 000 mètres de fond, à des centaines de kilomètres de distance de la terre ferme, et donc de leurs sources ? Les scientifiques supposent qu’elles ont été transportées par les courants atmosphériques et océaniques, avant d’être entraînées vers les abysses par des agrégats de matière organique en décomposition ou de microdéchets.

Les conséquences de cette contamination sur les écosystèmes des grands fonds marins restent à étudier. Les auteurs rappellent que la production de PCB a été estimée, tous pays confondus, à 1,3 million de tonnes, dont les deux tiers sont présumés se trouver aujourd’hui dans des décharges, ou toujours dans des équipements électriques. Le dernier tiers, lui, a rejoint le milieu océanique et les sédiments marins. Les rejets de la civilisation n’ont pas fini d’empoisonner les crustacés des très grandes profondeurs et, avec eux, l’ensemble de la chaîne alimentaire.


Pour en savoir plus lire l'article complet et très bien documenté de Pierre Le HiR sur le site du Monde.

http://www.lemonde.fr/pollution/article/2017/02/13/la-pollution-chimique-gagne-les-abysses_5079052_1652666.html#PjrCLVH6664TwkXj.99