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Tous photographes : la Photo une affaire de couple

Publié le : 31 mai 2017 par : Plongée On Line

Ouverture, Vitesse, Iso, Profondeur de champ, Flou de Bokeh, etc. de quoi faire peur

Avant d’aller plus loin dans la photo Sous-Marine, il nous faut développer quelques notions de base de la photo terrestre qui s’appliqueront, évidemment, en photo sous-marine… 

Depuis la naissance de la photo un couple d’éléments est directement concerné pour la réussite d’une photo.

Le premier c’est l’ouverture c’est-à-dire la quantité de lumière qui va pénétrer dans l’appareil photo,

le second c’est la Vitesse, c’est-à-dire la durée pendant laquelle, la lumière va pénétrer dans l’appareil photo pour « imprimer » la photo sur le support auparavant la pellicule photo aujourd’hui le capteur numérique.

C’est la détermination du bon couple qui va permettre d’obtenir une image bien éclairée : ni trop sombre (bouchée), ni trop claire (cramée). Ces deux éléments sont directement liés. Ils vont évoluer de façon inversement proportionnelle, pour conserver le bon couple.

Dans tous les modes automatiques, ce « bon couple » est calculé directement par l’appareil photo.

 

Pour détailler un peu plus ces 2 réglages :

L’ouverture, c’est donc le terme utilisé pour exprimer et modifier la quantité de lumière, mécaniquement, c’est un diaphragme qui sera plus ou moins ouvert. L’ouverture évolue suivant les chiffres suivants : 1 - 1,4 - 2 - 2,8 - 4 - 5,6 - 8 - 11 - 16 - 22 - 32.
Plus on augmente le chiffre plus cela réduit l’ouverture et donc la quantité de lumière entrante. Pour chaque incrément, la quantité de lumière est doublée ou réduite de moitié.

La vitesse d’obturation c’est donc ce qui est utilisée pour exprimer et modifier la durée d’exposition, elle évolue suivant des portions de seconde tels que : 1/15 de seconde – 1/30, 1/60 1/125, 1/250, 1/500, 1/1000, etc…
Pour chaque incrément la durée d’exposition est doublée ou réduite de moitié

Pour exemple, si le « bon couple » est ouverture : 8 et vitesse : 1/500, on peut modifier ces valeurs tout en conservant un couple similaire, par exemple de la façon suivante : Ouv : 11, vitesse : 1/250 ou Ouv : 5,6 vitesse : 1/1000

 

La sensibilité joue avec le couple.

La sensibilité à la lumière
Autrefois, en argentique, on utilisait des pellicules dont la sensibilité était déterminée pour toute la pellicule, les ASA, pellicule de 25, 50, 100, 200, 400 ASA etc… selon la pellicule, la sensibilité était différente et influait sur la composition du couple ouverture/vitesse.

Aujourd’hui la sensibilité s’exprime en ISO de la même manière 100, 200, 400 etc… mais elle peut être choisie pour chaque photo.

Lorsque l’on change la sensibilité,
d’une part cela modifie le couple Ouverture/Vitesse et si on double la luminosité (par exemple de 200 à 400 iso), on doit : soit fermer d’un cran l’ouverture, soit augmenter d’un cran la vitesse.

et d’autre part, c’est le revers de la médaille,
plus la sensibilité est élevée, plus la photo sera granuleuse (comme brouillée) on parle aussi de bruit. C’est là aussi que la qualité et la taille du capteur vont avoir une influence sur la qualité en basse lumière (quand il faut augmenter la sensibilité).

Sur votre appareil numérique, la sensibilité peut être ajustée automatiquement par le programme (ISO Auto) ou modifiée manuellement.

 

Mais au fait, à quoi ça sert et pourquoi est-ce important de pouvoir modifier ces réglages ?

L’ouverture va influer sur la profondeur de champ …. Expression pour désigner la zone de netteté d’une photo. C’est-à-dire ce qui va être net entre vous et le sujet et au-delà du sujet. Plus l’on ferme, plus la zone de netteté est grande le schéma ci-dessous présente ce principe.

En pratique, selon votre envie, vous pouvez choisir d’ouvrir au maximum pour avoir une profondeur de champ très réduite et distinguer ainsi le sujet que vous prenez en photo. Le sujet sera net et le fond sera flou (on parle de flou de bokeh).
Ou au contraire, fermer pour avoir une zone de netteté très étendue.

A noter : La profondeur de champ change d’une focale à l’autre. A ouverture égale, un objectif court (grand angle) a une plus grande profondeur de champ, qu’un objectif long (téléobjectif).

C’est aussi la raison pour laquelle, la profondeur de champ est différente selon le capteur de votre appareil. A ouverture égale, un 100 mm plein format aura une profondeur de champ différente de celle d’un équivalent 100 mm sur un compact.
Pour exemple, sur le compact Nikon coolpix W300, l’équivalent du 100 mm est obtenu avec un objectif de 16mm (soit un très grand angle avec de base une très grande profondeur de champ même à pleine ouverture). Pour résumer, plus le capteur est petit, plus la focale est courte et donc plus la profondeur de champ est importante et ne permet que peu de latitude de créativité.

Nous rentrerons plus en détail sur l’usage de la profondeur de champ pour la réalisation de vos photos sous-marine dans un prochain chapitre.

 

La vitesse va influer elle, sur la netteté de la photo liée au mouvement du sujet et au mouvement de l’appareil.

Le mouvement de l’appareil, on parle de « flou de bougé » : c’est le flou généré par vos mouvements, même minimes, il est visible sur toute la photo. Selon l’objectif utilisé (la focale), vous devrez augmenter la vitesse d’exposition pour limiter le flou de bougé. En photo terrestre, si vous êtes bien stable et ne faites pas de mouvement, on considère que la vitesse doit être au minimum d’1 sur la focale plein format, pour éviter le flou de bougé. Pour un 50mm : 1/60ème de seconde, un 100 mm 1/100ème de seconde etc…

Le mouvement du sujet : Là si votre vitesse est trop lente, le sujet risque d’être flou. Sur la photo, seul le sujet en mouvement est flou le reste de la photo n’est pas impacté. Selon le sujet en mouvement, vous allez devoir adapter la vitesse d’exposition en fonction de la vitesse du sujet.

Pour exemple, ce schéma présente la netteté du sujet pour un sujet en mouvement à la vitesse d’une course à pied.

Si vous voulez photographier, un cheval au galop ou une voiture de course, il va falloir augmenter nettement la vitesse pour que votre sujet soit bien net.

En photo sous-marine, le risque de flou de bougé est accentué par le fait que l’on est rarement posé et totalement stable et les risques de mouvements de sujets, hormis pour les nudibranches et autres anémones, sont eux aussi importants. Une vitesse d’exposition élevée est donc absolument nécessaire.
Nous verrons ultérieurement que l’utilisation du flash permet de « figer » les sujets

Pour information, en photo terrestre, il existe une technique qui permet d’avoir une image nette d’un sujet en mouvement avec une vitesse d’exposition lente. Il s’agit du « filé » : le principe est de suivre le sujet dans le viseur (comme en vidéo) et de déclencher tout en continuant à suivre le sujet. Le résultat n’est pas garanti mais lorsqu’il est acceptable il donne une véritable impression de vitesse, le sujet en mouvement étant net, tandis que toutes les parties fixes sont, elles, floues.