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Tous photographes : lumières additionnelles

Publié le : 12 juillet 2017 par : Plongée On Line

Comme on l’a vu dans les précédents chapitres, passé les premiers mètres on perd les couleurs vives, jaune, orange, rouge, pour n’y voir que du bleu.

En fait, c’est comme le soleil avec la lune, (la lune est là mais le soleil ne la voit pas… Ch TRENET), les couleurs sont là, mais on ne les voit pas. Et à l’inverse de la chanson, il ne faut pas la nuit pour les trouver mais de la lumière.

Nous allons aborder ici d’une part les possibilités qui s’ouvrent à nous, le flash interne à l’appareil, le/les flash externes (éclair), le phare (lumière continue) et d’autre part comment en faire usage.

Les types de lumières additionnelles :

Pour commencer, quelle est la différence entre le flash et le phare ?

Le flash envoi un éclair très rapide de 5 000ème au 20 000ème de seconde et très puissant (puissance différente selon le flash (exprimée en Nombre Guide) et modulable ( ½ , ¼ etc. sur certain flash). L’éclair permet de figer l’image, utile pour un animal en mouvement. Le flash ne peut être utilisé pour la vidéo.

Nota : Selon l’appareil utilisé (en particulier les réflex), l’usage du flash impose une vitesse d’obturation maximum limitée (du 1/60 au 1/250 de seconde), on l’appelle la vitesse de synchronisation, la Syncho X ou la synchro flash. Nous vous présentons en fin de chapitre pourquoi une vitesse maximum et comment la tester pour votre appareil.

Le phare, il faut choisir un phare adapté à la photo et vidéo avec un angle de couverture large (100°) et un éclairage homogène sans point chaud. Le phare donc, émet une lumière continue, nettement moins puissante qu’un flash (même pour les phares très puissant), mais utilisable aussi en vidéo. Il présente l’avantage de voir ce qu’on éclaire et l’inconvénient de ne pas figer le mouvement (attention donc au flou de bougé).

Le nec plus ultra serait de mixer phare et flash avec un phare qui s’éteint lors de l’éclair du flash. Ainsi nous pourrions choisir notre mode d’éclairage pour la photo, phare ou flash et disposer d’un éclairage pour la vidéo.

Sinon, pour la photo notre préférence va au flash et même au double flash.

Le flash interne à l’appareil
Pour faire simple, l’usage du seul flash interne, à utiliser avec le diffuseur fourni avec le caisson ne donne pas de bon résultat.

Diffuseur flash plongée on Line

Pourquoi ?
D’une part, parce que le flash interne va éclairer de façon directe tout ce qui se trouve devant l’appareil, les particules comme le sujet, sans discernement et d’autre part car la puissance du flash interne est relativement faible.
Son seul « avantage » est économique puisqu’il ne nécessite pas d’investissement supplémentaire.

Le/les flash externes :
Le flash externe est relié à l’appareil soit par un cordon de synchro flash, soit par une fibre optique, il peut être utilisé en différents modes : Manuel, Automatique ou TTL, (sauf pour certain flash qui ne dispose pas de tel ou tel mode). Le/les flash externes permettent d’orienter le ou les éclairs tels qu’on le souhaite.
La puissance des flashes externes est importante. 

 flash sous-marin - Plongée On Line

 

Comment utiliser la lumière additionnelle (les Phares comme les flash)
En premier lieu, on va éloigner la source de lumière de l’appareil et orienter la lumière de manière à éclairer le sujet choisi sans éclairer ce qu’il y a entre l’objectif et le sujet. Ce qui va permettre d’éviter d’éclairer les particules omniprésentes dans l’eau, qui non seulement sont désagréables mais vont en plus capter la lumière. (Voir schéma ci-dessous)

Une seule source d’éclairage indirecte, va permettre d’éviter les particules mais va générer une ombre.

Deux sources indirectes permettent non seulement d’éviter les particules mais aussi les ombres…

 eclairage sous-marin - Plongée On Line

Le fait d’avoir 2 sources de lumières orientables permet en plus de pouvoir éclairer 2 sujets différents.

Attention, lorsque vous utilisez des flashes externes, et que vous les orientez vers votre sujet pensez que vous voyez votre sujet 1/4 plus près qu’il n’est vraiment et 1/3 plus gros… Si vous vous fiez uniquement à votre vue, vous allez éclairer juste devant et juste au-dessus de votre sujet. Vérifiez donc lors de vos premières photos que vous avez bien orienté vos flash. Vous pouvez utiliser une lampe pilote dont quelques flashs sont équipés qui permet de cibler votre sujet et qui s’éteint lors de l'éclair. C’est un atout.

En second lieu, nous allons pouvoir utiliser nos réglages Ouverture, Vitesse, Sensibilité
On peut choisir, par exemple, de fermer l’ouverture (f/16, f/22) afin de rendre ce qui n’est pas éclairé par les lumières additionnelles, plus sombre tout en ayant une grande profondeur de champ. C’est un moyen de distinguer le sujet du fond.

A l’inverse on peut aussi choisir d’équilibrer les différents plans de la photo, ceux exposés par le flash, comme ceux, en arrière-plan, qui ne le sont (on parle de fill-in).
On va alors jouer avec nos 3 possibilités de réglages :

- La vitesse en faisant attention à l’éventuelle limite de la synchro flash et au flou de bougé,

- L’ouverture en faisant attention à la profondeur de champ et aux zones que vous souhaitez nettes

- La sensibilité pour obtenir le meilleur couple que vous souhaitez. Tout en faisant attention au grain de la photo qui s’accroit en même temps que la sensibilité

Quelques exemples :

 flash sous marin - Plongée On LineCette photo a été prise avec 1 seul flash externe on voit bien l’ombre de l’anémone à droite. L'arrière plan est légèrement sous-exposé.

 macro - Plongée On LineCes 3 photos mettent en valeur le sujet qui est correctement éclairé tandis que l'arrière plan est sombre.

tortue et plongeuse - Plongée On LineCette photo a été prise avec 2 flash l’un orienté vers la tortue l’autre vers la plongeuse et l'arrière plan est légèrement sous exposé afin de bien mettre en lumière les sujets.

 clowns anemone - Plongée On Line
Sur cette photo la lumière est bien équilibrée tant pour l’anémone et les clowns que pour l'arrière plan.

Voilà nous avons vu succinctement comment utiliser les sources de lumière additionnelles, flash et phare, il ne vous reste plus qu’à….

Comme pour l’achat de votre caisson, nous ne saurions trop vous conseiller de vous faire aider par un revendeur spécialisé pour l’achat de votre éclairage (Photo Denfert à Paris par exemple). Cela vous permettra de bénéficier de conseils, tels que, comment régler votre appareil ou votre flash interne pour faire fonctionner correctement votre flash externe, quel support, quelle connectique… quelles évolutions, etc 

Et de faire des essais en piscine ou même dans votre salon avant de partir à l’autre bout du monde…

Pour l’anecdote, un photographe avait laissé son appareil en mode suppression des yeux rouge au flash,
son appareil envoyait un 1er éclair pour atténuer les yeux rouges
puis un second éclair pour prendre la photo.
Sauf que le flash externe, connecté en fibre optique, se déclenchait dès le 1er éclair. Résultat : aucune photo correctement éclairée. C’est drôle en piscine mais moins quand vous revenez des Philippines.

(*) Pourquoi et comment tester la vitesse max au flash de votre appareil.
Pour connaitre la vitesse maximum à utiliser au flash avec votre appareil:
Désactivez votre flash,
Passez en mode manuel et choisissez la vitesse la plus élevée.
Puis activez votre flash,
normalement l’appareil positionne automatiquement la vitesse sur la vitesse max, sauf si votre appareil n’a pas de limite.

Pour exemple avec un canon G7x réglé au 1/2000ème de seconde, la vitesse ne change pas et demeure au 1/2000ème de seconde
alors que sur un Nikon D810 réglé au 1/2000ème de seconde, lors de l’activation du flash, la vitesse redescend automatiquement au 1/250ème de seconde.

Pourquoi ? sur le canon G7x (c’est le cas de la plupart des compacts et hybrides) la vitesse d’obturation est gérée électroniquement sur le capteur.

Sur les réflex, la vitesse est gérée mécaniquement par l’ouverture de 2 rideaux.
Jusqu’à la vitesse de synchronisation, les rideaux s’ouvrent complètement.
Au-delà, les rideaux s’ouvrent partiellement et créent un balayage de l’image pour l’exposer à la vitesse sélectionnée.
En conséquence, seul la partie balayée au moment de l’éclair du flash serait correctement exposé le reste ne bénéficierait pas de la lumière du flash (voir exemple ci-dessous). Comme si vous n’ouvrez que partiellement vos volets, la lumière qui passe par l’ouverture n’éclaire qu’une partie de la pièce.

synchro flash - Plongée On Line