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Une petite dérivante fluviale

Publié le : 06 octobre 2020 par : Plongée On Line

Par Grégory VAUZELLE

La Suisse est une destination plongée à part entière : Les lacs et les cours d'eau helvètes sont très nombreux et très fréquentés par les plongeurs. 

Sachant que j'allais passer quelques jours à proximité de ce beau pays, je me suis renseigné pour plonger en rivière : je connaissais déjà de réputation les gorges de l'Areuse et surtout la rivière Verzasca. Mais en regardant de plus près, ces possibilités, ces spots sont plutôt éloignés de mon point de départ sur les rives du lac Léman.
Je suis alors tombé sur de magnifiques photos subaquatiques prises dans le Rhône à Genève.
En approfondissant les recherches, j'ai découvert et pris contact avec le club de plongée Scuba Adventures qui organise, dès qu'il peut, des sorties dans le fleuve.

Le Rhône est un long fleuve de plus de 800 kilomètres.
Il traverse deux pays : la Suisse et la France. Il prend sa source dans le Valais en Suisse dans le glacier du Rhône et se jette dans la mer Méditerranée en France. La plongée est autorisée à Genève de l'autre côté du barrage (barrage qui sert à réguler le débit du Rhône et le niveau du lac Léman), à proximité du Pont de Sous Terre.

Le jour J, un samedi matin, en arrivant le long du fleuve, je constate l'intensité du courant, normalement il est pourtant plus clément le week-end (c'est pour cela qu'il faut privilégier les immersions le week-end). Aujourd'hui, il va visiblement falloir faire avec ce jus impressionnant !
Eric (le responsable de la structure de plongée sous-marine) est un habitué des lieux : il plonge énormément sous les Tropiques, et pourtant il aime retourner régulièrement dans le Rhône. C'est donc avec passion qu'il me donne, à l'aide de tablettes, les consignes de sécurité et les choses à voir dans son jardin « secret ».
Il est possible d'observer des perches, des gardons, des tanches, des carpes, des barbeaux, des brochets et même des truites … et bien entendu les seigneurs des lieux : les silures (certains spécimens mesurent presque deux mètres de long). 

Equipés, bloc sur le dos, il reste une petite marche urbaine à réaliser ! Imaginez en plein centre-ville de Genève, quelques plongeurs en combinaisons avec leurs bouteilles déambulant dans les rues et sur un pont de la ville !!! Les passants et les automobilistes, peu habitués à ce phénomène, sont surpris par ce petit ballet matinale ! 

La mise à l'eau s'effectue par une petite cale, l'immersion se fait très rapidement, il ne faut pas perdre de temps avec le courant et l'eau tourbillonnante.
Comme en surface et sans surprise, le courant sera le fil conducteur de la plongée. La visibilité s'avère aussi plutôt très moyenne (assez laiteuse et présence de beaucoup de particules en suspension avec le courant).

Il faut suivre les rives de la berge où la profondeur n'excède pas les cinq mètres, c'est ici que se concentre la vie du fleuve. Les plantes aquatiques sont nombreuses et … à l’horizontale : des nuées de petits poissons y ont trouvé refuge.
De temps à autres, un indice semble nous rappeler que nous sommes en ville : une paire de lunettes, un tissu quelconque, une autre paire de lunettes... Les moules ont colonisé le lit du fleuve, quelques roches, arbres et branchages se trouvent dans le fond.
Nous avons croisé des gardons, des petites perches, des petits alevins argentés en très grands nombres et même deux très gros barbeaux.

Le cache-cache s'intensifie dans les herbes pour débusquer le silure, et par chance Eric parvient à m'en montrer un très beau d'une taille tout à fait respectable. Il faut être rapide pour immortaliser les rencontres entre la vivacité des animaux et le courant abondant !

Le temps déroule à toute vitesse, il est maintenant l'heure de franchir à nouveau le fleuve mais cette fois-ci : sous l'eau ! Le courant est violent, la traversée est relativement physique. Je sens que ma respiration s'accélère dans le détendeur, il faut effectuer un palmage tonique et efficace. Les mains me servent également d'accroche sur les rochers et grosses pierres pour éviter de perdre quelques mètres. De l'autre côté, il ne faut pas rater le dernier ponton pour pouvoir remonter sereinement.

Il faut encore faire un dernier effort de marche pour retourner aux voitures, c'est un petit moment pour débriefer sur les rencontres aquatiques et les conditions sportives de la plongée... 

Les points positifs :
- une faible profondeur (6/7 mètres maximum)
- une vie riche et variée pour les amateurs de biologie, de faune et flore et de photographies sous-marines
- un tarif intéressant
- la découverte de la ville de Genève : le lac, les parcs, les musées, les boutiques …
- le courant pour les fans de plongées dérivantes

Les points négatifs :
-
le courant parfois fort et violent
- la visibilité pas toujours bonne
- Les déchets et obstacles naturels divers qui peuvent constituer des dangers sur le lit du fleuve
- un stationnement difficile dans la zone de plongée (en fonction du jour ou de l'heure)

J'ai énormément apprécié cette petite plongée dans le Rhône mais je reste frustré de ne pas avoir pu profiter des conditions optimales pour prendre des photos et observer plus amplement les silures et les autres habitants : il faudra donc revenir à Genève pour s'immerger à nouveau dans le fleuve ! 

Pour en savoir plus sur la destination et sur la plongée dans le Rhône :
club de plongée Scuba Adventures 
Genève