Rachel, jusqu’au bout de ses rêves…et du bout du monde
Que feriez-vous sur un atoll perdu dans le pacifique et presque coupé du monde ? Rachel Campergue a décidé de faire un film… sans expérience de réalisation et avec un équipement plutôt limité…
Deux années plus tard
encadrée par Sandra BESSUDO et Yves LEFEVRE, Rachel serre dans ses bras le prix de la fondation Albert 1er Musée océanographique de Monaco, pour son film « Les requins de Rangiroa, de la légende à la réalité ».
Des images sous-marines exceptionnelles, un hommage émouvant aux seigneurs des mers, une enquête bien ficelée qui retient l’attention du spectateur jusqu’au bout et un message écologique puissant… Mais comment a-t ‘elle réussit ce tour de magie ?
« Notre force à Peter et moi est d’être sous l’eau trois fois par jour en moyenne. Cela nous a permis de nous constituer une banque d’images très conséquente. Nous vendons d’ailleurs très souvent nos images aux équipes TV, qui pour des raisons techniques, de météo ou de caprices de la nature, ne sont pas parvenus à tourner ce qu’ils voulaient. ».
Rachel et son compagnon allemand Peter Schneider
sont vidéastes freelance et filment les plongeurs des clubs de Rangiroa. Ils sont équipés de caméras Sony VX 2000 et de caissons Extrem’vision.
Pour l’écriture du film, Rachel s’est lancée toute seule dans l’aventure en s’inspirant de manuels de synopsis achetés aux US et de conseils d’amis professionnels.
«Je voulais faire un film documentaire pour dénoncer le commerce d’ailerons de requins, qui nous concerne particulièrement à Rangiroa. Le côté esthétique d’un film est important mais aujourd’hui il est urgent de dénoncer et de montrer du doigt. »
Peter et Rachel ont donc mené leur enquête et n’ont pas hésité à s’envoler jusqu’à Hong-Kong et Singapour pour remonter la piste du commerce des ailerons de requins, commerce destructeur pour toute la Planète. Après avoir erré dans les quartiers chinois et interrogé la population ils ont récolté de nombreuses informations. Depuis le changement de gouvernement chinois en 1987 et l’abolition d’un certain élitisme, la consommation de soupe d’ailerons de requins s’est démocratisée (prix minimum de 9 euros). Avec l’émergence des classes moyennes, la demande de consommation de cette soupe a fait un bond impressionnant. « Après avoir interrogé la population, nous avons réalisé le temps qu’il faudrait pour faire changer la tradition. Pour les chinois, la soupe aux ailerons équivaut au champagne incontournable à la bonne ambiance de nos cérémonies de mariages ou de fêtes de premier de l’an. »
De retour dans le calme bleu des Tuamotu, Rachel s’est consacrée au montage du film, équipée du logiciel DV raptor. Pour l’enregistrement du son, qui est la seule faiblesse du film, Rachel avoue avoir eu des difficultés : « Entre les bruits des scooters, des poules et des voisins il m’a fallu énormément de patience. J’attendais le calme du soir pour enregistrer. »
Rachel, qui vient de recevoir son prix, savoure sa victoire et pense déjà à de nouveaux projets de films. « Le festival est un tremplin qui va nous permettre de nous faire connaître. J’ai déjà eu un bon contact avec une chaîne TV. Nous allons investir dans du nouveau matériel et venir en métropole plus souvent. » L’expérience de Rachel et Peter est un bel exemple d’engagement et de volonté et prouve que les atolls n’incitent pas qu’à la farniente…
Toute l'équipe de Longitude 181 Nature était présente à la fin de la projection pour recueillir sur le vif des signatures de la pétition contre le Finning .
Série diapositives : Record du plongeur d’or
Pureté de l’image, originalité du sujet, harmonie des couleurs, création artistique… C’est le label Laurent Ballesta, qui a une nouvelle fois attiré les regards des festivaliers et confirmé le choix du jury unanime : le biologiste photographe mérite le plongeur d’or 2004. 
C’est la première fois dans l’histoire du festival d’Antibes qu’un compétiteur remporte trois fois le prix sacré des photographes.
Laurent a choisi des clichés provenant aussi bien de plongées hivernales dans l’étang de Thau ou à Palavas-les-flots que dans les eaux de contrées lointaines et exotiques telles que Mayotte ou la Papouasie. Des images, Laurent n’en manque pas mais l’étape la plus difficile est justement celle de la sélection des 10 clichés. « J’ai fait une première sélection de 20 photos que j’ai présentées à un panel d’amis amateurs et professionnels de l’image afin d’éviter la part de subjectivité. »
En remportant ce prix Laurent
gagne également un voyage en Papouasie, dont les eaux riches prolifèrent en macro-organismes et en espèces inédites… De quoi inspirer l’artiste, qui savoure sa victoire et ne compte pas se représenter au concours l’année prochaine « Après avoir regardé toutes les séries du concours, je ne savais pas du tout où me situer. Je suis très fier de recevoir une nouvelle fois le prix et ça me donne encore plus confiance mais je vais arrêter la compétition pour l‘instant. »
Laurent va se consacrer à son prochain livre qui sortira chez Michel Lafont en automne 2005. Après l’édition du très réussi « De la source à la mer », Laurent souhaite réaliser un livre d’une autre envergure (environ 350 pages), qui délivre un message écologique et éducatif fort.
« Le livre contiendra des photos représentatives de comportements divers de différents écosystèmes. Le texte sera le plus épuré possible et les photos parleront d’elle mêmes. Je tiens vraiment au côté éducatif de l’ouvrage. »
Des baleines sous la pluie
Les visiteurs du festival n’ont pas manqué d’admirer les baleines à bosse exposées à l’extérieur du palais des congrès. Sous le soleil ou sous la pluie battante, les superbes images grands format des cétacés nous plongent directement dans l’univers mystique de l’océan.
Alexis Rosenfeld
a séjourné pendant un mois sur l’île de Rurutu, située dans l’archipel des Australes, à 3 heures de vol au sud de Tahiti. Plusieurs baleines s’arrêtent chaque année à Rurutu entre août et octobre. L’île est située sur leur route migratoire vers l’Antartique et ses eaux chaudes et limpides dépourvues de prédateurs et de récifs constituent un refuge idéal pour la mise-bât et l’accouplement. Le photographe a pu rencontrer ces fabuleux mammifères sous-marins grâce au Raie Manta club, spécialisé dans l’observation de ces cétacés. L’exposition d’Alexis est une sorte d’ambassade itinérante destinée à tourner en Europe et à l’étranger en hommage au sanctuaire des cétacés de Polynésie, créé en mai 2002 et qui s’étend sur les 5 archipels. - Web
Par ailleurs le jury du festival a attribué à Alexis, Isabelle Croiseau et Pascal Kobeh, le prix du meilleur guide sous-marin pour "Nager avec les habitants des océans" aux Editions Glénat.
Extrem’vision voit toujours plus loin
Bonne nouvelle pour les amateurs de vidéo. Le fabricant français attitré des professionnels est enfin accessible aux plongeurs "lambda" avec son nouveau caisson étanche « Rubis ». Outre le prix attractif de 1690 euros, l’énorme avantage de ce caisson est sa compatibilité avec plusieurs marques de caméras.
D’autre part le festival a récompensé Stéphane Gouverneur
de la palme d’or du produit pour son « bras en carbone pour éclairage vidéo ou photo ». Plus léger et moins cher, le produit est innovant par sa conception et sa polyvalence.
Le fabricant se réjouit également des prix attribués à ses clients, tels Rémy Tezier, qui a reçu la palme d’argent des films professionnels ou Rachel Campergue et son prix Albert 1er…
Le mystère de Lapérouse presque dévoilé
« Portés disparus… » mais primé ! Le film réalisé par Yves Bourgeois a reçu le prix du documentaire historique pour cette aventure passionnante qu’ils nous ont fait partager.
Que Louis XVI se rassure, le mystère de Lapérouse est entre les mains d’une mission scientifique française initiée par l’association Salomon.
René Heuzey et son équipe de plongeurs cadreurs ont filmé en 16/9ème le déroulement des recherches sur les épaves de la Boussole et de l’Astrolabe. Pour le chef opérateur sous-marin, cette mission fait partie des tournages les plus passionnants et les plus difficiles de son long parcours sous-marin.
« Nous avons tourné en moyenne 3 à 4 heures par jour pendant 30 jours non-stop. Nous disposions de gros moyens pour tourner (bétacam digitale) et avons pu faire des images de haute qualité. Il fallait filmer les deux épaves pour montrer avec précision les travaux de forçat engagés par les plongeurs. Avant de commencer les recherches, ils ont dégagé la couche de corail concrétionnée durant les deux derniers siècles ! » Les efforts des plongeurs ont permis de découvrir le squelette de l’un des membres de l’équipage disparus en 1791… Impatients de continuer l’aventure, René Heuzey et son équipe retournent sur l’île de Vanikoro au printemps prochain… La mission intensifie les recherches pour trouver le commandant Lapérouse ! En attendant, René Heuzey se concentre sur sa société Label Bleu productions
et sur deux nouveaux projets en haute définition. « je souhaite suivre les techniques de pointe et m’investis en priorité dans le monde du cinéma et de la pub. »
René vient au festival depuis ses 17 ans et gagne chaque année un prix, qui récompense son talent et son professionnalisme. « Le festival est mon port d’attache, tous mes rêves d’aventures et de plongée ont débuté ici. J’ai été primé la première fois en amateur pour le prix Dimitri Rebikoff. J’étais le premier à venir au festival avec une caméra vidéo 8 mm ! »
Accro à la photo
Jérôme Unterreiner participe pour la troisième fois au concours de photographies d’Antibes.
Cette année il tente sa chance dans les catégories couleur et noir et blanc. Il a sélectionné une photo de Napoléon, réalisée à Sharm El Cheikh avec un reflex numérique Fugy S2. « J’ai choisi cette photo pour l’effet rotatif qui déforme le poisson et lui donne une perspective originale. Le napoléon est un « poisson ami » et est toujours apprécié par les plongeurs et le public. » Jérôme shoote environ 12 000 photos par ans et la sélection des photos est pour lui l’étape la plus difficile. Dans la catégorie N&B, il a choisi le cliché d’une épave de voiture reposant à-15m au fond d’un lac de Strasbourg. « Pour le N&B la dimension dramatique est primordiale. L’image doit raconter une histoire ou enfermer un mystère… »
Ce plongeur niveau 3 E1 a commencé la photo il y a 4 ans et est devenu complètement accro. Afin de partager sa passion, il prépare son moniteur photo avec la fédération.