En bon chef de file et guide expérimenté, Mika nous fait découvrir les raretés dissimulées dans les failles et les divers comportements animaliers. Ici, une murène à bouche blanche (gymnothorax meleagnis) sort de son refuge, nous dévoilant sa magnifique livrée noire à points blancs. Parmi les coraux de cerf, l’éclatante parure rose d’un délicat Poisson-Feuille (taenianothus tricanthus) oscille avec le courant.

Poisson-Feuille rose (taenianothus tricanthus)
Moins visible avec sa livrée brune ornée d’excroissances et de verrues, un poisson scorpion se fond dans le substrat corallien pour mieux surprendre ses proies. Également maître du mimétisme mais piètre nageur, son cousin le faux poisson scorpion, recouvert d’algues et de débris, se distingue par sa large gueule qui l’aide à attraper ses proies. À moitié enfouis dans le sable, deux yeux à facette pivotent indépendamment tels des radars de sous-marins : il s’agit d’une magnifique squille (Odontodactylus scyllarus) qui arbore une élégante robe couleur paon.

Le vrai et faux poisson scorpion (scorpaenopsis oxycephala et diabola)
Les plongées de nuit sont idéales pour repérer de petites merveilles et nous aurons l’occasion d’assister à un véritable défilé de mode sur le site d’Eboudoo Reef, en la présence du corail de Faulkner avec ses bouquets de marguerites orange, du ver plat glorieux (pseudobiceros gloriosus) avec sa robe noire ornée d’un liseré mauve et de son homologue Suzanne (pseudoceros suzannae) arborant ses couleurs orange et bleu vif.
C’est également la nuit que les nudibranches s’activent et que les coraux déploient leurs polypes semblables à de minuscules anémones vert fluorescent.
Les Maldives offrent par ailleurs de belles plongées sur épaves, comme celle du cargo japonais MV.Kudhima de 52 m de long. Construit en 68 et immergé en 99, l’épave est bien conservée et intéressante à visiter. Moins connue, l’épave d’un cargo de 30 mètres, coulé il y a 25 ans au large de l’île de Fesdhoo et posée sur le sable à -30 m, est couverte de magnifiques concrétions. Alcyonnaires multicolores, gorgones et corail noir ont envahi le château de ce bateau posé à plat sur fond sablonneux à -30 m.

Pour les plongeurs, l’attrait des Maldives réside tout autant dans l’accessibilité des sites et des animaux que dans la diversité des espèces et des décors sous-marins. Seuls quelques amas de coraux morts gâchent le décor sur certains sites, dans la zone des 5 mètres. Selon les observations scientifiques, 90 % des coraux de l’archipel vivant en eau peu profonde ont été touchés par le blanchissement extensif de 1998. Fort heureusement, la nature a vite repris ses droits avec la formation de nouveaux coraux, dont certains ont d’ailleurs un taux de croissance impressionnant. Conscient de l’urgence de préserver son patrimoine naturel, le gouvernement des Maldives a interdit l’extraction de corail pour les constructions et a créé une vingtaine d’aires marines protégées dans les zones touristiques visitées par les plongeurs. Mais un autre risque menace l’archipel, qui serait le premier concerné par la montée du niveau de l’océan dû au réchauffement global. Un problème inquiétant quant on sait que l’économie dépend entièrement du tourisme.
