Plongée On Line : Faire découvrir la plongée sous la Tour Eiffel au coeur de Paris… Quelle a été votre première réaction lors de la présentation de ce projet plutôt inattendu ?
Jean-Luc Diainville : Dans un premier temps, j'ai été un peu dubitatif en me demandant dans quelle mesure une piscine sous la tour Eiffel pouvait servir le développement de la plongée. Mais au deuxième regard, je me suis souvenu des sensations que l'on éprouve lors du baptême et de cette possibilité incroyable qui s'offre à nous de pouvoir respirer sous l'eau. J'ai considéré alors tous les aspects positifs de l'emplacement et les moyens mis à notre disposition et j'ai trouvé le projet génial.
POL : Quelle est votre implication dans ce projet ?
J-LD : Aqualung s'implique dans son coeur de métier, à savoir la distribution de matériel de plongée. Nous avons mis gracieusement 50 équipements complets de plongée à disposition de l'organisation, tout comme les autres fabricants partenaires.
POL : Quelles sont justement vos relations avec vos concurrents dans le cadre de ce projet ?
J-LD : Scubapro est un acteur présent et actif dans la réflexion pour le développement de la plongée et nous partageons la même démarche ainsi que le même esprit. J'ai donc trouvé naturel que nous nous associons sur cet évènement afin d'oeuvrer en bonne intelligence pour la promotion de notre activité. C'est la première fois que nous participons ensemble à une telle opération, mais il faut admettre que nous n'avons pas eu beaucoup d'autres opportunités jusqu'à présent. En ce qui concerne Cressi, je suis heureux de voir qu'ils ont répondu présents.
POL : Quelles retombées attendez-vous de l’événement en tant que fabricant de matériel de plongée ?
J-LD : Nous visons deux objectifs. Le premier, c'est l'augmentation du nombre de plongeurs qui fréquentent les centres de plongée et donc l'augmentation de la taille du marché. Et le deuxième, c'est la visibilité de la marque Aqualung par un retour presse favorable.
POL : Quelle est la cible que vous visez à travers cette opération ?
J-LD : Le non plongeur. C'est une opportunité, de par les baptêmes et le relai des médias, d'inciter le non plongeur à passer le dioptre et à goûter aux sensations uniques de l'immersion.
POL : L’un des objectifs de l’opération est de transmettre un message en faveur de la protection des océans, est-ce que cela fait partie de vos préoccupations ?
J-LD : Aqualung appartient au groupe Air Liquide qui s'engage pour la protection de l'environnement et des océans à travers de nombreuses opérations, dont les plus connues sont celle de Jean-Louis Étienne à Clipperton et sur la banquise. Au-delà de l'intérêt en terme d'image, Air Liquide s'inscrit dans une démarche honnête et durable et prend le problème à bras le corps en investissant beaucoup d'efforts et de fonds. Aqualung suit la même démarche de développement durable en s'engageant auprès d'acteurs qui oeuvrent en ce sens, tel que le photographe et biologiste marin Laurent Ballesta. Nous sommes d'ailleurs en cours de réflexion pour lancer une grande action de développement durable en 2008, et visons à obtenir la certification ISO 14001, avec la mise en place d'un système de management de l’environnement. Étant liés à la mer, nous sommes tenus de communiquer auprès du grand public pour préserver notre environnement et devons servir de modèle.
POL : Vous avez participé au groupe de travail des acteurs de la plongée, est-ce que l’opération de la tour Eiffel y est liée ?
J-LD : Les deux sont en relation indirecte. Même si l'opération de la tour Eiffel n'est pas issue de ce groupe de travail, les acteurs étaient déjà prêts à se mobiliser ensemble sur un évènement. J'avais émis des recommandations pour ne pas nous précipiter avant d'être bien sûrs que les centres de plongée soient prêts à offrir un accueil homogène. Le projet de la tour Eiffel est arrivé un peu vite mais on ne pouvait se permettre d'attendre... Je ne suis pas certain que la mayonnaise ait pris sans le groupe de travail qui a permis de réunir tous les acteurs autour d'une table et d'identifier la nécessité de promouvoir la plongée. Le projet est magnifique et malgré les frictions qu'il a pu engendrer, je dis bravo à tous ceux qui se sont investis dans son organisation.